Mardi 18 mars 2008

Banyan-Tree---Maui.jpgJe fus graine du soleil plantée en terre,
Mise au monde par une tempête d’eau
entre poussière stellaire et cri plaintif coloré.

 

Je voulais naître papillon,aigle
et que des plumes dorées me poussent,
mais je suis née figuier aux racines énormes
et des branches me sortirent
et, des feuilles, de ces branches
et des yeux me naquirent dans l’écorce.

 

Des feuilles, poussèrent des colombes
et elles bercèrent mes doigts rougis de soupirs
et mes mains éventèrent les obscurités
et je goûtai la pomme de l’Eden.

 

Je connus la saveur du sang
et les os me déchirèrent
et j’appris à pleurer avec mon ombre
et à charger la croix du fruit de Marie
mais je goûtai aussi le miel sacré de la rose
et la viande de l’agneau
et dans les veines j’eus du sang vierge
et, entre mes jambes, le jus d’Adam courut.

 

Mon ventre mis au monde des papillons parme
que je nourris de sève pure de l’abeille
et je me transformai en Orme
pour ne défendre ni les fruits
ni les sécheresses
ni les orages
on arracha de la terre mon tronc.

 

De nombreux printemps avec leurs hivers chantèrent
les figues mûrirent et tombèrent à la vie
elles s’oublièrent de cet arbre
et mes branches restèrent nues

 

Je cessai d’être figuier et Orme,
Des ailes me poussèrent
et dans les plumes de couleurs
et dans les eaux colorées
et je me transformai poisson-hirondelle

 

Mes larmes humidifient les écailles
et les soupirs font voler mes ailes
lorsque je vois les graines que mes fruits donnèrent.

 

Je suis heureuse de n’être pas née figuier,
De devenir Orme
et maintenant être poisson-hirondelle
sans nid fixe et sans chaînes.

Lina Zéron, une magnifique poète mexicaine, que l'on découvrir ici

Photo : Arboresque

 

 

par L'Arpenteuse publié dans : Soleil
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Mardi 11 mars 2008

klimt.jpgLa Belle ayant tué son Roi, au bois s’endormit pour longtemps

Poussent les ronces, hurle le vent

Ici ne passe aucun Vivant

 

Advint un grand cerf bleu aux rives du jour :CERF.jpg

Debout la Belle, la Vie chante en toi,

Vient courre hors les bois.

 










CHIRIN-copie-1.jpg



Courre, courre, danse,  loin des bois

Coulent les jours, chante la Vie

La Belle a ressuscité son Roi












Miniatures extraites du site des expositions de la BNF
Bestiaire
et
Splendeurs persannes

Tableau : Gustave Klimt



Merci à Laurent Morancé de m'avoir donné envie de jouer avec la Belle

par L'Arpenteuse publié dans : Vénus
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Mardi 4 mars 2008
Lorsque je  veux me reposer de lectures ardues, je ne m'intérresse pas au people, ni aux romans policiers, et encore moins aux romans historiques.

Non, je l'avoue j'aime les contes, contes de fées, de diables,  ou de bêtes, ou de dieux, depuis toujours ce sont les contes qui me parlent. 

Certains  sont d'ailleurs infiniment plus insidieux et effrayants que ne le sont (pour moi) Elroy ou Sade, épouvantails à moinillons. Ceux-là ne me feraient pas regarder sous le lit pour voir si quelque Baeete ne s'y tapit. Par contre certaines versions non expurgées de contes "pour enfant....

Appartenir à une famille qui a connu des revers a un avantage non négligeable,  c'est que les jouets et les livres qui vous sont confiés feraient baver de concupiscence plus d'un honnête collectionneur. Et approcher  les grands contes avec des illustrateurs comme ceux-ci, ça ne vous soigne pas la mélancolie, mais ça vous forme là jamais le regard :

Mon Bien-aimé Arthur Rackham

rackham6.jpg




















Rackha6-.-his-strange-case.JPG




















Raymond Dulac

dulacfirebird1.jpg



















Walter Crane
crane.jpg




















Eux et tant d'autres que l'on peut retrouver ici (merci Florizelle) et


Pour grands enfants aussi , les dessins animés magiques d'un grand poète, Youri Norstein,  que viennent de me faire découvrir Kinkapricorne et Meerkat : Le hérisson dans le brouillard  et le conte des contes

norstein3.jpg
Et enfin cette cruelle légende sous forme de chanson traditionnelle : la Blanche Biche :

Là-haut là-haut parmi ces champs Sont la mère et la fille
J’entends la mère qui va chantant La fille qui soupire

Qu’as-tu qu’as-tu à soupirer Marguerite ma fille
Aurais-tu donc le cœur chagrin Parcequ’on te marie

Ma mère j’ai grand peine en moi Que je n’ose vous dire
Car je suis fille le jour Et la nuit blanche biche

Les chiens de vos trois barons Sont toujours à ma suite
Mais celui de mon frère René Est bien encore le pire

Allez allez chère maman A son château lui dire
Que je suis fille le jour Et la nuit blanche biche


La suite chez MEDIETRAD

Tout ça parce que je viens de commander L'Individuation dans les contes de fées" de M.-L. Von Franz ! (merci CPatricia)


Plus de commentaires pour le moment, mais on peut toujours me joindre par "contact"

En attendant, que la nuit vous soit douce et faites de beaux rêves :-)


par L'Arpenteuse publié dans : Lune
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Jeudi 21 février 2008


En Australie et au Musée Branly à Paris

australie_Ymago_3181_02.jpgToute une semaine (du 23 février au 1er mars) vouée aux cultures aborigènes, grands rêveurs devant l'Eternel.

avec en bonus une journée complète (et gratuite) le 1er mars pour s'initier à ces cultures.


Le programme ici


"Aujourd’hui connue et reconnue dans le monde entier pour la qualité et la richesse de ses productions artistiques contemporaines, la communauté aborigène fascine par la vitalité de sa culture. Mais quelle culture et quelle société se cachent réellement derrière le didgeridoo, le boomerang et les peintures sur écorces ? Le musée du quai Branly propose au public d’entrer dans le temps du rêve, qui imprègne le musée jusque dans son architecture"


Il serait dommage de rater une telle proposition ! C'est quand même autre chose que l'empire de la souris aux grandes oreilles  :-))

Dorénavant ce blog sera dédié au seul partage de ce type d'information. Je supprime la fonction commentaire, ce type de billet n'en nécessitant pas.


Je continue mon travail d'évolution personnelle dans un espace intérieur au silence et à la joie. C'est le seul espace où je peux l'accomplir totalement.

Merci à vous toutes et tous pour ces quelques mois de partage qui ont été très enrichissants, et bonne route à vous.
par L'Arpenteuse publié dans : Soleil
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Mercredi 20 février 2008
Je m'interroge sérieusement sur la direction que je souhaite donner à ce blog.

Pas question d'en faire un genre de carnet de rêves, d'autant qu'ici je n'en donne qu'une transcription partielle.  Tout ce que je peux dire, c'est que oui, il faut noter, systématiquement . Plus on note, plus on développe cette mémoire là.  Je ne vis pas ces rêves comme des divertissements, ni comme des messages divins, mais comme un chemin de connaissance, un parmis beaucoup d'autres.

Je constate qu'il m'est précieux dans ma vie quotidienne, comme une capacité de réconciliation avec soi et les autres. Mais pas plus que les autres chemins sur lesquels je me suis engagée depuis 2 ans : yoga, arthérapie,etc....

Et maintenant grace à PATRICYAN, l'inscription à  l'association "autour de Marie-Louise Von Frantz" finalement préférée au CEFRI, pour son approche féminine de l'univers jungien, compte tenu que c'est avec ma féminité et les femmes que je dois me réconcilier. Histoire de voir aussi si je suis capable de ne plus me laisser influencer par les "mères" et parce que la confrontation  au réel est indispensable.

Et une des premières choses que me rappelle leur passionnant bulletin est que "« Le rêve est la petite porte cachée au plus profond et au plus intime sanctuaire de l’âme », nous dit Jung. Faire les premiers pas c’est « consacrer » un temps à ce rêve comme un rituel vivant et, peu à peu, voir cette porte s’ouvrir"

Donc, pas de carnet de rêves. Les rêves doivent demeurer dans l'intimité de chaque individu ou éventuellement être partagés avec un thérapeute.

Partager sur les thèmes de l'art ou des cultures ou "mémoires humaines, il y a de nombreux et excellents blogs et site pour celà : de Castalie, Florizelle, BiblioOdyssey, ceux listés dans mes liens, plus tous les autres qui restent à découvrir.

Donc, pas de blog culturel.

OOOP (Omniprésent,Omniscient, Omnipotent Président) est un fruit pourri qui ne va pas tarder à tomber de sa branche. La Blogosphère n'a pas besoin de moi pour ça. Il suffisait de lire Serge Hefez en son temps pour le savoir, la messe sera bientôt dite. Donc, pas de blog politique.

Je ne poétise pas, je ne photographie pas, donc pas de blog d'exposition personnelle.

Attention, me dis la petite voix, n'es tu pas en train de te définir encore par des : je ne suis pas, etc...

Non, petite voix, parce que je sais aussi ce que je suis : Généreuse, curieuse de la richesse de la vie, attentionnée aux autres, d'une bonne culture générale, mais voilà tout ça ne nourrit pas un blog, par contre devoir nourrir le blog me porte parfois à ne  pas respecter dans le réel mes qualités. Et ça, je n'aime pas du tout.

Donc pour le moment, je me met en retraite, provisoire ou pas, je ne sais pas. Je verrais bien s'il me vient une idée qui soit valable et pour moi, et pour mes lecteurs :-)

Melleran-near-Melle--Double-harpy-with-phallic-snake.jpgUn petit cadeau pour la route à  Kinka la diablesse, la formidable galerie de photo d'une dame Julianna très mystérieuse et qui semble passionnée par l'art roman français. Kincapricorne, je t'ai débusqué là un véritable nid de symboles, tu as de quoi t'émerveiller pour un bon moment

Qu'est-ce que tu en pense de celles-là ???
Jolies autant qu'étranges, non ;-)


Vive la curiosité :-))
par L'Arpenteuse publié dans : Terre
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Mercredi 13 février 2008
Décidemment, l'imagination ne me parle plus. Je n'ai plus envie de me pencher encore une fois sur cette vieille histoire, vielle lune du passé.  J'ai franchi une porte, et je sais qu'il n'est pas bon de se retourner.

Tout ce que je peux dire, c'est que quand un conte de "l'imagination" prend un caractère obsessionnel, plutôt que de le faire taire, il vaut bien mieux écouter ce que cette chose raconte de sa propre vie. Dans mon cas, c'est le jour où j'ai décidé d'y aller voir, que j'ai enfin vu et compris.

cine623.jpg Aux vieux contes, je préfère les rêves nouveaux, comme celui-ci :

Pendant la formation, on nous demande à K. et moi de dresser les tables pour le repas. Et il s'agit bien de dresser puisqu'il faut chercher tables et chaises dans un hangar, de les mettre en place, de mettre le couvert.

La table mise, les convives arrivent et s'installent et voilà, qu'il n'y a pas de place pour moi à la grande table. Je vais m'en plaindre à ma formatrice qui se fâche et me fait dégager une place. Je me retrouve entourée de 2 jeunes gens et d'une jeune fille qui me disent être les enfants d'un des stagiaires.

Le repas se termine, le père, les 2 fils et moi décidons de faire une démonstration "d'assise zen". La salle est maintenant vide, il reste juste quelques personnes qui se moquent de nous, et nous jettent des petits objets. Nous, on s'en moque, on s'installe sur nos coussins pour la méditation. La pièce semble devenir immense, et plongée dans une douce pénombre, c'est une ambiance nocturne, une lumière de clair de lune qui passe par de nombreuses porte-fenêtres.

Nous sommes plongés dans la paix de la méditation, arrivent au fond de la pièce 4 personnes qui commencent un exercice que nous avons appris en cours de chant : Circuler de l'un à l'autre, en modulant des sons, et en s'harmonisant les uns avec les autres. Non seulement les sons qu'ils sortent sont magnifiques, mais ils se matérialisent sous forme d'une onde lumineuse et dorée, qui va de l'un à l'autre, comme un vol d'oiseaux.

sacre_clip_image051.jpgJe ne résiste, je me mets à répondre à leurs chants et l'onde lumineuse vient vers nous. Un moment magique se passe où les sons et la lumière circulent d'un bout à l'autre de la pièce. Puis nous nous levons de nos coussins de méditations. Nous sommes très émus, les garçons m'embrassent et me disent qu'ils sont heureux de me confier leur père, lequel père en semble très heureux aussi.

C'est la joie et la tendresse qui rayonnent dans cette fin de rêve.

Quels que soient les messages de ces rêves, je constate qu'ils sont une véritable richesse dans ma vie. Pas du tout dans le sens d'un refuge contre les aléas d'un quotidien, mais qu'au contraire, il semble que j'en tire une force qui rayonne dans ma vie de tous les jours.

C'est pour ça, que je prends 5mn pour les noter le matin, que je les attends avec curiosité le soir. Et maintenant, il m'arrive de pouvoir me souvenir de rêves chaque nuit. Tous sont loin d'avoir les qualités de ceux que j'ai conté ici, ils sont parfois confus, mais il est rare que je n'en retire pas un petit enseignement.

Ce qui me surprend le plus, c'est l'absence de cauchemard, ou même de rêves désagréables. Même lorque j'y rencontre des symboles qui sont donnés habituellement comme négatifs(comme une inondation, où je "navigue" sur le dos d'un genre de Léviathan) , ils ne semblent pas jouer ce rôle chez moi. Dans ces cas là, c'est plutôt le mot exploration qui s'impose à moi.

Alors, explorons notre propre magasin pittoresque
sacre_clip_image045.jpg
puisqu'il regorge de tant de richesses qui sont nôtres.

Illustrations : Gustave Doré (De la terre à la lune, 20.000 lieux sous les mers, Bible)





par L'Arpenteuse publié dans : Lune
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Mardi 5 février 2008

Et commençons par le commencement :

Dès la naissance j’ai eu à apprendre que la meilleure façon de rêver était surtout de ne pas rêver et de ne rien attendre, ni espérer du monde qui m’entourait. Surtout de celui des humains, tel que ma famille voulu bien me le faire découvrir. 

Comme je suis très sotte, il me fallut plus de 45 ans pour découvrir que lorsque une mère se vante, entre autre,  de corriger un nouveau-né pour lui ôter sa « méchanceté », le coupable alors n’est pas l’enfant, mais la mère.  45 ans à ne rien écouter des messages de ma petite voix qui me racontait une histoire terrible, et à croire qu'il me fallait me racheter des milles et une méchantés commises à l'insu de mon plein gré.

J'étais tellement chargée de méchanceté qu'à 6 ans je calculais avec terreur l'extension des tâches dont je croyais mon "âme" définitivement souillée. Au point d'avoir commencée très jeune ma longue carrière d'insomniaque, et que lorsque je parvenais à dormir, j'avais des crises de somnabulisme qui immanquablement se rajoutèrent à ma longue liste de "méchancetés". Au point d'avoir envie de mourir pour avoir enfin la paix, ce qui sous-entendrait, qu'au fin fond de moi, j'avais parfaitement compris que l'enfer c'était l'ici et maintenant de ma chère famille.

Ces émules de la Sainte Inquisition ne connaissaient qu’un mot dans leur vocabulaire : INTERDIT. De parler, de rire, de bouger, de lire où même de rêver : Toute marque d’affection est une faiblesse, tout espoir une frivolité,  tout amour une illusion : Un seul sens à  l’existence : Servir.  Souffrir, et servir : Dieu, le roi et la famille. Sauf que vu qu’on s'était fâché avec Dieu, que de Roi il n’y en avait plus, il nous restait LA FAMILLE.

sllepy.jpg  Hors LA FAMILLE, point de salut. Dès le plus jeune âge, nous fûmes instruites des gloires défuntes de notre tribu et combien injustement nous avions sombré dans la ruine, dans la ruine, certes, mais pas dans la déchéance. Car fort heureusement nous n'avions jamais perdu notre fort précieuse "noblesse", présente même dans des petites femelles comme l'Arpenteuse et ses soeurs. Bien que nous soyons "petites garces", (Il s'agit du surnom tendre donné aux filles) et filles de garce  nous avions une certaine valeur, probablement pour avoir hérité d'une part du précieux sang.

On pourrait penser que ce n'est pas très épanouissant comme enfance. Ce fut d'ailleurs ma première réaction quand, grace au conte de la petite voix,  je retrouvais une certaine petite fille, dans sa réalité crue, très loin du brouillard de l'idéalisation .

 Evidemment, le jour où c’est sorti, je fus un peu fâchée.  D’abord, sur mon Inquisition familiale et sa représentante la plus proche, ma mère. Ensuite sur moi-même qui n’avais rien vu, ni compris durant toutes ces années.

En colère, jusqu’à ce que je comprenne que pour être vraiment vivante, il fallait, plus encore que pardonner, passer outre et ne pas me noyer dans une rancune stérile, pas plus à l’égard des autres que de moi-même. La rancune ça ne laisse pas de place à la vie.

D'autre part, cette éducation avait eu quelques avantages. Outre une bonne culture générale, elle m'a permis de développer mon sens de l’observation et de l’attention, elle m’a obligé à faire de ma vie un chemin d’études et de réflexion, elle m’a ôté toute velléité de jugements hâtifs en m’obligeant à être en permanence dans l’examen de ma conscience et des mes attitudes.

Finalement, j'en viens presque à leur en être reconnaissante de leur fichue éducation,  enfin presque...... Et puis de quel droit les juger, après tout , la seule chose dont je sois sûre c'est qu'ils ont connu quelquechose de  terrifiant dans leur histoire qui les a mené à ça : A la perte de leurs "biens", de leurs"honneurs" et finalement d'eux même. Puisqu'à reprendre leur généalogie c'est face à un suicide collectif qu'on se retrouve : D'abord par dissolution de générations entières dans les ordres, et une fois que Dieu fut déclaré mort, par des méthodes diverses et variées.

Mais ça, il n'y a que moi qui accepte de le voir, les autres, ils continuent à être fiers de leur "originalité", les filles de leur "garcitude" et tous en crèvent à petit feu, après tout c'est leur problème. Moi de cette histoire là, je  m'en suis échappée.

Ceci étant posé, le conte de la petite voix peut commencer.

par L'Arpenteuse publié dans : Lune
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Mercredi 30 janvier 2008
Pour  contrer la dépression rampante, un peu de beauté gratuite, offerte à qui en a besoin :

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Série issue du Bréviaire de Marie de Savoie que l'on peut découvrir ici chez ARKHÊNUM ainsi que de nombreux autres scans de manuscrits et ouvrages anciens.

Et encore mille merci à BIBLIODYSSEY, infatiguable traqueur de savoirs et de beauté pour avoir relayé cette oeuvre jusque chez l'Arpenteuse.

Et sinon ?

La chouette qui chassait cette nuit

Celle- ci ?Owlette.jpg









Ou celle-là de Jérôme Van Acken, ou Hieronymus Bosch, ou Jérôme Bosch, comme il vous plaira mais chouette assurément  et ô combien mystérieuse : Les yeux et les oreilles de la forêt !11_hibou_yeux_oreilles.jpg






















Et pour terminer celui dont je suis amoureuse pour le moment  : Du même peintre le bel et inquiétant Balthazar : Amoureuse et en plus j'ai la chance de passer beaucoup de temps avec lui, à l'étudier, le scruter, l'envisager.

71756_b-The-Adoration-of-the-Magi-Detail-of-King-Balthazar-from-the-Central-Panel-of-the-Triptych-1510-Posters.jpg











Meilleur pour le moral que les grotesques pantins de l'info. Nous sommes encore libres de choisir les compagnons de nos soirées.


Et si vous n'aimez pas l'art médiéval (tant pis pour vous), le prochain billet nous passerons à celui du XXème siècle

Et quand la neurathénie sera passée, il faudra sans doute que je me décide à parler de l'IMAGINATIO, où comment reposent en nous les clés de notre royaume. Mais là c'est du sérieux, une petite cure de vitamines s'impose.

par L'Arpenteuse publié dans : Soleil
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Jeudi 24 janvier 2008

Tu as raison Sérenissime, il faut peut-être que j’explique un peu plus techniquement le sens de cette art-thérapie.  Il faut peut-être commencer par se référer à la présentation du programme de ma formatrice :

 
ESPRIT DE LA FORMATION

Nous entendons par art-thérapie, non pas soigner quelque chose qui serait malade, mais plutôt faire émerger la partie saine en nous, en prendre soin et l'aider à grandir. La pratique artistique prend ici tout son sens : elle permet la découverte de nous-même dans nos richesses et nos limites, leur intégration et l'ouverture à notre réelle dimension. Nous proposons le chant, la danse et la peinture. Ces pratiques se répondront, l'une nourrissant l'autre, faisant appel à des espaces différents et complémentaires de nous-même. Elles seront introduites par un temps de méditation qui invitera à l'esprit de cette formation : la qualité d'Être

 L’important (pour moi) c’est ça : la découverte de nous-même dans nos richesses et nos limites, leur intégration et l'ouverture à notre réelle dimension

 Et (pour moi) ça marche. La formatrice est une femme d’une rare honnêteté intellectuelle, très rigoureuse, et exigeante autant vis-à-vis d’elle-même, que vis-à-vis de nous, ces élèves. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi beaucoup d’humour. Maintenant que je la connais mieux, considérant que je pouvais lui faire confiance,  j’accepte de m’abandonner à son enseignement. Parce qu’il y a des moments douloureux dans cet enseignement, comme je l’avais conté ici.

 C’était tout au début. Maintenant que j’ai accepté de lâcher-prise les choses sont très différentes. La confrontation avec mes limites n’est plus un combat permanent. J’accepte que le résultat ne soit pas à la hauteur de mes espérances,  je ne crains plus d’être déçue par moi-même. J’ai compris que le meilleur moyen d’avancer était de travailler, un peu, beaucoup, passionnément....

 Ce week-end il y a eu une journée consacrée à la peinture, avec un exercice étrange : une nature morte de poires à réaliser aux doigts avec des pigments purs et comme liant de la graisse à traire, et pour compliquer les choses sur du papier kraft très poreux !

poires.JPG
 A la fin de la journée, tout le monde accroche son travail et le commente devant les autres, d’où l’importance respect de chacun dans le groupe(Enfin ça c'est mon opinion). Je suis une des seules à avoir dit que j’étais « globalement » satisfaite de ce travail. Non pas que je le considérais comme une œuvre, mais comme une étape de travail. Avec des défauts, certaines poires pourraient être des avocats, elles tiennent debout par miracle, mais, j’étais contente de la composition assez équilibrée, et d’avoir su tirer mon parti de couleurs sombres qui ne sont pas les miennes, sans parler du défi que représentait cette technique.

 Je ne sais plus qui a dit que l’art c’était 10% de talent et 90 % de travail. C’est le message que la formatrice essaye de nous faire passer, mais pas toujours avec succès. Certaines personnes semblent croire qu'en étant simplement présentes 1 week-end par mois, elles vont réaliser des œuvres bouleversantes. Et comme ça ne marche pas, elles sont très déçues.

De plus, le but n'est pas de devenir des artistes accomplis mais la découverte de soi par le biais de pratiques artistiques.

De toute manière, moi je m'en fiche, je me suis vengée. J'ai mangé la poire/avocat, na !

par L'Arpenteuse publié dans : Jupiter
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Mercredi 23 janvier 2008
Je savais  que ce week-end de formation serait important et même crucial pour la suite.

Certains éléments étaient restés en suspend lors de la deuxième session : J'avais refusé d'interprêter mon solo de danse, les relations avec certaines autres stagiaires étaient tangentes, il allait falloir régler ça sérieusement.

J'ai eu 2 mois pour y réfléchir, et pour une fois je plaide non coupable.

J'avais bien fait de refuser de danser cette fois là : J'avais préparée une danse de "déguisement"  pour essayer d'esquiver mes angoisses à l'idée d'avoir en quelque sorte à m'offrir à mes petits camarades. Or, en regardant danser les autres, j'ai pris conscience que ce n'étais pas honnête Pour faire l'andouille, nulle besoin d'art-thérapie, c'est un art de la fuite que je pratique depuis longtemps. Je notais d'ailleurs amusée que c'est l'attitude qui fut adoptée par 2 de nos 3 hommes. Alors me dis-je, il est probable que c'est encore un tour du garçon raté de sa mère.

Les femmes nous avaient donné à voir leur "être", parfois avec maladresse, parfois avec émotion, et pour certaines de manière réellement bouleversante. Donc, je savais ce qu'il me restait à faire.

De plus, nous étions 6 à n'avoir pas eu le temps de danser, et si je suis la seule à avoir dû refuser, c'est que K. avait lourdement insisté pour que je passe. Je lui en avais un peu voulu sur le moment, et puis ...c'est passé..

Quand aux 2 personnes sur qui je semblais avoir un effet de répulsion, ayant bien fait mon propre examen de conscience, je dû admettre que je ne leur avais rien fait ou dit de particulier, de plus ou de moins qu'aux autres, et que donc s'il y avait problème, ça ne venait pas de moi, mais probablement de leurs propres "projections". Donc, pour moi, me dis-je je continue à me comporter normalement avec elles comme avec les autres, et advienne ce qu'il doit advenir.

bali_ubud_7114.jpg Donc Dimanche j'ai dansé. J'avais préparé une petite chorégraphie, sur "l'Ajhon" de Lisa Gerrard, mélodie étrange et pleine de délicatesse avec un accompagnement de bruits de la forêt.  Une petite chorégraphie qui  jouait  sur des gestes lents des bras et surtout des mains et des doigts. J'avais le trac. Normal, comme tout le monde. Je rentre en piste en plaisantant, il faut bien. Je me place dans ma position de départ la tête cachée derrière les bras repliés. Musique, je commence à déplier lentement les bras, et............

Enfer et damnation, je tremble comme une feuille. Je respire à fond, et je continue, enfin je crois. Parce qu'en dehors du tremblement, je suis dans un trou noir. Même la musique ne me parvient plus.

Heureusement, ça ne dure qu'une minute, ou plutôt 1mn39, ou peut être 10.000 ans. Je n'en n'ai aucun souvenir. Ca ne recommence que quand je vais m'assoir parmis les autres, toujours en tremblant, mais paisible.

J'ai l'impression d'avoir encore franchi un passage. Je savais qu'il allait être difficile mais je ne m'attendais pas à ça, à cette rébellion du corps, et de la conscience.  Et comme ce n'est qu'un début, il ya aura sans doute d'autres surprises.

La différence avec "avant", c'est que j'accueille et que je fais ce qu'il y a à faire. Même quand c'est inconfortable.

Ce qui m'amuse maintenant c'est le souvenir du rêve.

Je n'y pensais plus consciemment, mais il est possible qu'il m'ait guidé sur une attitude à adopter, même si à mon avis il ne se limite pas à cette circonstance.

Et puis aussi l'influence d'un livre offert à une petite fille de 4 ans, et qui narrait les aventures d'une petite danseuse balinaise.  C'est en cherchant la photo pour illustrer le billet, que celà m'est revenu.

Danseuse balinaise à près de 50 ans ce n'est pas ordinaire .

Pfff, en plus mon chouchou du groupe il m'a gazouillé que j'avais des mains ravissantes et qu'en plus il avait cru que le tremblement était volontaire. Les hommes, qu'est-ce que nous deviendrions sans eux !




par L'Arpenteuse publié dans : Jupiter
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