Mardi 4 décembre 2007
sphinge.JPG

Et si vous me demandiez ce qu’il m’en reste ?

 
Il m’en reste si peu.

Un peu de poudre aux yeux

La trace moirée d’un papillon au bout des doigts,

La danse des mortes sur le gazon,

L’étalon capturé comme Absalon,

et le garçon qui pleure dans l’escalier

 

Et si vous me demandiez  en quels lieux,

Et en quels temps

Les ais-je rencontrés?

 

 Quand chaque nuit,

je reprends la toile et les fils de soie,
l’aiguille effilée,
les ciseaux d’argent dorés,
le vieux dé que tant d'autres avant moi ont usé.

 
Quand je remets l’ouvrage sur le métier,
avant que l'aube inévitable ne le défasse
et que je brode la nuit et les heures.

par L'Arpenteuse publié dans : Lune
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Vendredi 30 novembre 2007
lion2.JPGOn dirais que l'Arpenteuse  s'amuse !
par L'Arpenteuse publié dans : Soleil
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Jeudi 29 novembre 2007
Voilà qui me rappelle quelque chose :

philo-05-copie-1.jpg

Dommage que ce soit si petit. (mais en cliquant dessus .....)

Je l'ai trouvé ici

Mais je ne cherchais pas Jung; J'y suis arrivée par un détour chez BibliOdyssey, dont je ne dirais jamais assez à quel point c'est une mine de beauté, et de savoir. 

Et quelle de somme de travail extraordinaire pour collecter toutes ces données.
par L'Arpenteuse publié dans : Soleil
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Jeudi 22 novembre 2007
Solitude et silence, mes nourritures sacrées.
 
Mais comment vivre autrement ? Comment supporter le tumulte et la bousculade permanente d’une vie active. Enfin, active, agitée me parait juste.
 
Je sais que sans mes temps de retraite intérieure je ne survivrai pas longtemps, à tout ça. Et plus je m’isole du brouhaha, plus je trouve force et paix intérieure.
 
La télé n’a pas difficile à faire disparaître de ma vie, de toute manière je ne la regardais plus, lassée du grouillement : Publicités, désinformations, pipolades, fictions absurdes….. Parfois un documentaire intéressant noyé dans la masse, intéressant, pas indispensable.
 
Il me restait quand même la radio : France Culture et France Inter . Celle-là je l’allumais en rentrant, où en me levant, je ne l’écoutais pas vraiment sauf  l’Humeur Vagabonde à 20H00, c’était ma petite gourmandise du soir.
 
brugges-copie-1.jpgEt puis, avec le temps des élections et la médiocrité affligeante d’une campagne qui n’avait rien de « politique », même la radio en est venue à m’écœurer. Je ne l’aie plus allumée en rentrant. Au  début, c’était un peu étrange, mais avec les fenêtres ouvertes de la belle saison, la compagnie du vent, des oiseaux et des lointains de la ville, l’adaptation fut rapide. Finalement je l’allumais plus du tout. Et de même pour la musique. N'est restée qu'une véritable écoute
 
Cette ouverture au silence a changé ma vie. Il m’a rendue plus attentive, plus accueillante vis-à-vis de moi-même et à autrui. C’est surprenant. Finalement, je devrais remercier journalistes et politiciens de m’avoir obligé à couper le son.  Ils m’ont permis de récupérer beaucoup de pouvoir sur ma propre vie.
 
Ecouter le silence, ça donne  une grande force et surtout ça permet d’entendre beaucoup de chose de soi., des choses qu'on n'écoutait pas avant. 
par L'Arpenteuse publié dans : Lune
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Lundi 19 novembre 2007
Marcher est excellent pour la santé
 
Marcher en chantant c'est encore meilleur
 
Le plus est de marcher en chantant ce petit air de la « Mélodie du Bonheur »
 
Do, le do il a bon dos
Ré, rayon de soleil d’or
Mi, c’est la, moitié d’un tout,
Fa, c’est facile à chanter
Sol, la terre où vous marchez,
La, c’est là où vous allez,
Si, c’est siffler comme un merle
 
Seigneur, tu t’es levée à 4H00, il est 6H00 du matin, il pleut, tu as 6 km à faire en ville, dans un environnement plutôt hostile, et tu chantes ??? Et en plus tu chantes cette niaiserie, et ça te fais sourire ???
 
Je n’y peux rien, elle est pleine de sagesse cette chanson :
 
Fa, c’est facile à chanter
Sol, la terre où je marche
Et la, c’est là où je vais.
 
Mais honnêtement, je crois que je vais moins chanter au retour ce soir.
 
PS amusé : C’est fou le nombre de voiture que l’on voit circuler avec le/la seul(e) conducteur à bord. Et mon petit doigt me dit qu’ils doivent majoritairement faire la gueule en écoutant la radio. Bien fait, ils n’ont qu’à apprendre à chanter.
par L'Arpenteuse publié dans : Terre
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Jeudi 8 novembre 2007
Mon cher Daemon est vraiment une bestiole imprévisible.
 
A lire la « dialectique du Moi et l’inconscient » j’apprend que pendant longtemps j’ai pratiqué ce que Jung appelle l'imagination active. Sauf que je la pratiquai…..comme Monsieur Jourdain quand il ignorait faire de la prose. 

Ceci dit, si j’avais vraiment écouté ce que racontait la bestiole. Mais à l’époque je ne voyais pas en quoi me concernaient ces histoires d’enfants maltraités et de suicides. Je n’avais pas été maltraitée, j’avais été parfaitement éduquée, quand aux tendances autodestructrices chez nous, elles étaient juste la preuve de notre incontestable originalité.
  
Je m’étonne moins que l’ophtalmo qui suit la famille m’ait sorti un jour : Mais qu’est-ce que vous avez tous dans cette famille à craindre d’être aveugle ? Elle s’interrogea même sur l’opportunité de consulter un psy….. Evidemment, j’en fus enragée à un point. Maintenant, à relire ça…….
 
Je préfère en rire.
 
Grande curieuse, je n’ai pas résisté à la tentation de me mettre à la disposition de mon Daemon, pour voir ce qu’il pourrait bien me raconter aujourd’hui.
 
Tu veux une histoire, pas de problème, un conte même. Tant mieux, j’adore les contes.
 
Et le voilà parti à me raconter une histoire d’un prince avec un nom de danseuse orientale, et qui parcoure son royaume sur son cheval, en compagnie de 2 lévriers couleur d’or, et qui rencontre une petite……….STOPPPPPPPPPPPPPP
 
N’importe quoi, j’attendais plus original. Ce n’est pas à mon âge que je vais m’intéresser à des histoires de princes charmants ou non, alors que je trouvais ça idiot dans mon enfance.
 
Et puis alors, quelle idée ce nom, mais où a-t-il pu aller me chercher un nom pareil ?
 
Grande curieuse, je n’ai pas résisté à la tentation de poser la question à Google.
 
Et là encore je dis STOPPPPPP… Ce n’est pas une danseuse orientale. C’est un des livres de la KABBALE ! L’alchimie, l’Inquisition, je veux bien, ça c’est ma charmante lignée maternelle. Mais la Kabbale, et quoi encore, espèce de prétentieux. Je vais déjà découvrir le« Cantique des cantiques », Ariaga et Meerkat (via Bashung), me l’ayant remis en mémoire.
 
clooney.jpgMais ça ne fait plus vraiment rire. J’aimerais parfois avoir droit à des songes féminins « normaux" : Georges Clooney, Brad Pitt, peu importe.
 
Je crois que lorsque j’aurais mis mes finances en ordre, il faudra peut-être que je me décide à consulter un analyste. Histoire de l’amuser un peu avec toute ma brocante mystico-familiale.
 


Heu....et les lévriers ?
par L'Arpenteuse publié dans : Lune
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Mercredi 31 octobre 2007
Autrefois, enfant et adolescente j’aimais dessiner et peindre. D’ailleurs, c’est une maladie dans la famille qui compte quelques « artistes », plus ou moins maudits, c'est-à-dire qui en vivent ou en vécurent plus ou moins bien.
 
Donc jusque là, il n’y avait rien d’anormal dans cette attirance pour les crayons et les boîtes de couleurs. J’avais d’ailleurs un joli coup de crayon, et patouillais avec une certaine élégance. De toute manière, je n’avais jamais envisagé d’essayer d’en faire carrière, j’aime beaucoup trop le confort pour ça.
 
Les choses s’envenimèrent lorsque certaines personnes (que j’aime énormément par ailleurs) me firent la remarque que ma peinture était « religieuse ». RELIGIEUSE !!!!! Pour moi, qui gravitais entre Gustave Moreau et Marx Ernst, je ne voyais rien de religieux là dedans, du moins au seul sens catholique de ma famille. J’en conçu une rage qui me fit envoyer tout le bazar au feu et à la poubelle. Je distribuais le matériel autour de moi, et décidais d’oublier tout cela.
 
Pendant plus de 20 ans j’ai tellement bien oublié « cela » que lorsque j’abordais mon stage au mois de mars, j’avais presque régressé au niveau du bonhomme-têtard que l’on dessine vers 4 ans. Inutile de préciser que je n’étais pas très faraude à l’idée d’affronter "ma créativité".
 
La première « œuvre » reflétait très bien cet état d’esprit. J’avais œuvré sur un format minuscule (10 x15 cm environ) et il y avait plein de petites choses éparpillées là-dessus, sans liens entre elles, et comble de l’horreur dans des tons pastels qui n’ont jamais été les miens. Je me suis consolée en voyant les résultats chez les autres, qui certes donnaient dans le grand format, mais à part ça.....
 
Le lendemain,  satisfaction avec un exercice sur les lignes d’où je ressorti avec un genre d’art pariétal, une curieuse bête ailée qui semblait se cabrer, et si les couleurs étaient les mêmes, orange et violet, les tons étaient nettement remontés.
 
Et le 3ème jour, le 3ème jour j’ai connu mon apocalypse personnelle. L’exercice portait sur la forme et je décidais de m’inspirer d’une des fenêtres de la salle, celle qui se trouvait dans la partie réservée à la méditation. Et voilà, ce qu’il en ressorti :
 
 CROQUIS.JPG
 
Je me suis retrouvée à monter en pression toute la matinée, au point d’être presque en larmes à la table du repas que je quittais avant la fin pour retourner à l’atelier. Là, avoir tergiversé un moment, la rage débordant, je m’armais d’un beau pastel sec bien noir, et repassais sur les lignes que j’avais peintes en gris.  Après quoi, je contemplais l’horreur dont je venais d’accoucher. Dire que j’étais accablée serais un doux euphémisme, j’étais effondrée. Comment avais-je pu sortir ça de moi ????? Ce n’était pas moi CA !!! Et il allait falloir l’accrocher au milieu des dessins des autres, c’était impensable. Ma première réaction fut la fuite, je rejoignais ma chambre et appelais au secours chez moi pour qu’on vienne me récupérer. Evidemment, ça fit beaucoup rire, j’avais voulu affronter ma bête, que je débrouille avec elle ! Bon, après un petit temps de pause, je trouvais que le conseil n’était pas si idiot, et je retournais à l’atelier.
 
Avec des ciseaux, j’amputais le monstre de sa partie inférieure (castrais ?) et me décidais à aller voir la formatrice, fort humblement, (si, si, humblement pour de vrai) et à lui demander quelques conseils pour rendre présentable la chose dans le peu de temps qui restait. « Si tu ne t’en sors pas, fait dans le décoratif, mais surtout n’oublie pas que si tu t’ouvres à ta sensibilité, tu ne peux pas le faire à demi, c’est un choix à faire »
 
Sur le moment, je n’ai retenu que la première partie de ces conseils, et à l’aide de mon petit camarade préféré, j’arrivai à bricoler cela :
 CROQUIS2.jpg
 
Cette nuit là, j’ai rêvé qu’enfermée dans la maison de mon enfance, je voyais une tempête terrible se déchaîner et emporter tout sur son passage, tout, sauf moi et la maison. C’était plutôt amusant à regarder.
 
Plus tard, j’ai compris que ce jour là je m’étais débarrassée de la plus grosse partie d’un orgueil COLOSSAL et d’une violence inouïe qui dévoraient ma vie, et cet orgueil hypocrite de surcroit se dissimulait sous des « je ne suis que », « je ne suis pas ».
 
C’est ça l’art-thérapie. Bon, je vous rassure pour d’autres il s’agissait juste de passer une semaine à dessiner. A chacun de trouver ce qu’il cherche vraiment.
 
PS : Bidouiller le monstre via l'informatique, pour lui redonner son visage originel. Pfff, même pas peur
par L'Arpenteuse publié dans : Jupiter
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Vendredi 26 octobre 2007
Quel pays ?
 
Celui où je suis née ?
 
Les Ardennes belges près de Namur. Un lieu austère dans une forêt très sombre. Une maison grise, de pierre et de schiste. Des murs épais, comme une forteresse élevée contre le froid et la mélancolie. Déjà originale de nature, j’y suis née une nuit d’orage, à la lumière de bougies placées aux 4 coins du lit. Il fallait l’oser, j’ai osé, au grand dam de ma mère qui m’en fit  longtemps reproche.
 
Celui où j’ai passé une grande partie de mon enfance :
 
En région parisienne, dans la ferme d’un château et de son grand domaine. Clos de murs et presque désert. Peuplé de chats, de silence et de livres. J’y étais fort bien, solitaire.
 
Et puis il y eut la Normandie, celle que j’aime, du pays de Caux, avec sa lumière, sa mer et ses couleurs nacrées. Le Berry, que Cile vient de remettre en mémoire. Ce cher Berry avec ses paysages intimes, vallonnés, féminins. Ses maisons et ses toitures rousses qui jouent de la courbe et de la contre-courbe, ses églises romanes et ses jardins : Orsan, Noirlac, Nohant…….
 
La Bourgogne, plus récemment, d’Autun la très fière, à Cluny si belle, mais trop courue.
 
Et encore en région parisienne, la cathédrale face à laquelle je vis tous les jours. Tête à tête enchanteur, avec son rayonnement et ses nombreux clandestins : pigeons, corneilles, chouettes et tous les petits chanteurs de son jardin.
 
Tous ceux-là et bien d’autres qui habitent mon pays intérieur. Tout ceux aussi que j’aimerais un jour découvrir, de la vieille ville de Damas, aux jardins du Portugal, de la Sicile aux faïences bleues de  Samarcande. 

Je suis d’ailleurs, de partout et de tout temps. Mon pays, c’est ma vie et chaque jour j'en découvre un petit peu
plus.
 
frahan.jpg

Là, je triche un petit peu, c'est Frahan sur la Semois, mais c'est très ressemblant. 

Et aussi, à voir chez Florizelle le peintre Patinir, et ses visions de la vallée de la Meuse
par L'Arpenteuse publié dans : Lune
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Mardi 23 octobre 2007
 
Tous les jours la vie me propose quelque nouvelle surprise qui m’enchante.
 
Samedi par exemple, profitant d’un long interlude entre 2 lignes de trains en grève, j’en ai profité pour aller faire un tour au rayon psychanalyse de la FNAC St Lazare.
 
En entrant dans ce temple de la consommation culturelle, je m’étais jurée de ressortir de ce lieu les mains vides. Evidement ce fut un serment d’ivrogne. Les livres ont toujours été ma faiblesse, au point de les avoir parfois préférés à des nourritures plus matérielles.
 
Cette fois l’excuse était toute trouvée, j’avais à disposition une étagère dédiée à Jung, alors …..
 
D’autant qu’oh joie, oh bonheur, ce rayon me proposait entre autre le « Psychologie et alchimie » conseillé par Ariaga et indisponible par ailleurs. Et pendant que j’y étais, profitant d’une aussi belle aubaine je rajoutais : « La  dialectique du moi et de l’inconscient » et « Les Métamorphoses de l’Ame et ses symboles» . Et au diable le percepteur !
 
Ma petite voix se faisant narquoise devant ma faiblesse, j’eu l’habileté de lui faire remarquer
 
1)       Que j’avais héroïquement résisté aux appels du dernier Pascal Quignard « La nuit sexuelle », livre somptueux mais totalement déraisonnable pour mes finances actuelles.
2)       Et de plus, qu’une œuvre indisponible et conseillée se soit trouvée disponible juste là, ne pouvait être en aucun cas le fruit du hasard, et qu’une autre de ses œuvre semblait nous concerner tout particulièrement.
 
La petite voix ne trouvant plus rien à redire, je profitais d’un moment de relative tranquillité dans le train, je commençais à feuilleter les ouvrages, et tombais sur une illustration :
   
156-R.jpgPas celle-ci
 
 








Ni celle-là
  dieug--om--tre-copie-1.jpg
 

Mais celle que j’avais sélectionnée sur un blog de mathématique sans lien avec Jung
 
  dieu-geometre-777809.jpg

Après ça, si vous vous doutez encore de la réalité des synchronicités, moi en tout cas, je ne doute pas d’avoir ouvert une bonne porte.
 
par L'Arpenteuse publié dans : Terre
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Mercredi 17 octobre 2007
 
Aujourd’hui j’inaugure une nouvelle catégorie, une nouvelle planète : JUPITER que je dédie à la formation d’Art-Thérapie que je viens d’entamer le week-end dernier.
 
Jupiter en tant que force d’expansion, d’affirmation et d’épanouissement selon l’interprétation trouvée sur WIKIPEDIA.
 
Cette formation, je la vis comme un total engagement personnel, et je sais qu’elle va me consommer la plus grande partie de mon énergie. Mais c’est ainsi que cela doit être, je ne suis pas intéressée par une simple démarche de bien-être.
 
J’ai souvent lu que lorsque « l’élève est prêt, le maître parait » et pour moi, c’est exactement cela.
 
Après deux années d’un intense travail personnel, je crois avoir trouvé la personne qui peut m’aider à poursuivre mon évolution. Et je sais aussi que ça ne va pas être facile, et même probablement parfois violent, mais je l’accepte.
 
Quand je constate les résultats que cette personne obtient, comment elle parvient à développer, à faire croître ceux qui reçoivent d’elle, je sais que c’est ça pour moi une thérapeute. Ce n’est pas un professeur de dessin, ni une psychologue, c’est une accoucheuse d’âme. Et c’est cela l’enseignement que je souhaite recevoir et transmettre.
 
Ces deux jours m’ont profondément révélés à moi-même, non sans insomnies et sans larmes. Mais j’en ressors grandie et prête à affronter la suite.
 
Entre autre, j’y ai appris que l’amitié n’y aurait sa place qu’à condition qu’elle soit sans complaisance, ni lâcheté. Nous sommes 5 sur 15 du stage du mois de mars, à avoir choisit de continuer sur la formation. Et parmi les 4 autres, il y a une femme qui est devenue une amie très chère depuis ces 6 derniers mois.
 
C’est une personne magnifique, rayonnante, totalement impliquée dans une démarche de spiritualité amérindienne.
 
Elle était très motivée par cette formation avec notre thérapeute, du moins elle le disait. Or, il s’est levé un petit vent de contestation, lorsque le premier soir on nous apprit que le programme était modifié.
 
La part du chant et de la danse était un peu diminuée pour faire place à des cours techniques de dessin, à plus de peinture et des cours de connaissance de soi. Tout l’enseignement devait « nourrir » la peinture, art qu’enseigne notre formatrice.
 
K. me surprit. Certes, elle m’avait toujours dit qu’elle se réjouissait des cours de chant, et de fait, elle s’y impliquée avec son rayonnement naturel. Elle était mécontente des cours de « connaissance de soi », disant que ce travail là elle l’avait accompli depuis longtemps, et qu’il ne l’intéressait pas. De plus, elle était furieuse ne plus pouvoir choisir le chant en matière principale. En fait, elle contestait l’ensemble des modifications apportées au programme.
 
Je pouvais comprendre sa déception, mais pas sa colère. A cela se rajouta quelques comportements peu respectueux, vis-à-vis de certains autres stagiaires et de moi-même.
 
J’étais déroutée par cette façon de faire. Et pour une fois dans ma vie, j’ai osé dire à quelqu’un que j’aime que je n’étais pas d’accord avec elle. Et le dire tranquillement, sans la moindre animosité, mais, fermement.
 
Oui le programme était partiellement changé et c’était peut être dommage que l’on ne nous ait pas prévenu avant. Mais, la formation que nous suivons est l’œuvre de notre formateur, et l’œuvre de sa vie. Son travail, nous en connaissons la valeur pour l’avoir expérimenté en nous même. Donc, c’est elle qui est décisionnaire de ses orientations, pas K., pas l’Arpenteuse, ni Paul, ni Pierre, seulement elle. De plus, c’est une femme très âgée qui ressent peut-être l’urgence de transmettre, d’où le recentrage de la formation.
 
De plus, qu’en admettant même, qu’elle K. n’ait pas besoin de ce travail de connaissance de soi (je ne lui dit pas que son attitude me permettait sérieusement d’en douter). Dans ce cas là, elle devait mettre ce qu’elle savait au service des autres membres de groupe.
 
Et pour finir, je lui fis remarquer qu’elle devait laisser de la place aux autres dans la formation. Que sa façon de monopoliser l’attention en permanence, risquait de lui valoir des inimitiés, et que cela ne me paraissait pas la meilleure façon de progresser.
 
L’échange fut paisible et amical, mais à sa façon de réagir, je voyais bien qu’elle maintenait ses positions.
 
Tant pis, me dis-je, je me suis trompée sur elle. C’est encore une petite fille, et si elle persiste elle ne va pas tenir longtemps. Tout en admettant, que pour d’autres raisons, c’est peut-être moi qui craquerais la première.
 
Et puis en rentrant, elle m’a longuement appelée, pour me dire qu’après avoir longuement pleuré, elle avait compris le sens de mes paroles, et qu’elle m’en remerciait car cela lui avait permis de comprendre certaines choses en elle. Et elle m’a demandé que nous continuions dans cette voie là. Je lui fis promettre à cette occasion, d’en user de même avec moi à la première occasion.
 
Sinon, ce n’est pas de l’amitié. Ce n’est rien.
 
Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’après je sois restée un moment comme vidée.
 
C’est épuisant de grandir, mais c’est une expérience extraordinaire. Même si elle s’était soldée par un échec de notre amitié, pour moi c’est une avancée en maturité.
 
par L'Arpenteuse publié dans : Jupiter
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