Je me souviens que dès l’enfance il me fut enseigné que vivre était déjà un péché en soit.
D’ailleurs, pour m’en « laver » provisoirement, mes parents s’empressèrent de me faire baptiser. Ensuite, on m’apprit qu’il fallait vivre dans un état de culpabilité
permanent. Seulement, moi, je refusais de croire en cette culpabilité, d’autant que les mêmes personnes qui m’enseignait que cette vie est haïssable, prétendait aussi qu’il était de mon devoir de
la reproduire.
Je suis têtue, j’ai résisté. A la culpabilisation permanente, au dénigrement de la vie, et j’ai refusé de me reproduire. Hors de question d’avoir des enfants pour leur apprendre la
haine de soi.
J’ai avancé tant bien que mal dans mon entêtement à aimer la vie. A jouir du soleil, du vent, de l’amour, de rien, de tout, tout ce que chaque journée voulait bien m’offrir.
Certains jours étaient sombres, et même parfois, c’était le malheur qui s’imposait.
J’ai eu mal, j’ai eu peur, j’ai pleuré, mais toujours, je refusais toujours de maudire la vie. Finalement, je dû admettre que bien que refusant toute religion, très probablement,
d’une certaine manière, j’avais la « grâce » très loin du sens janséniste du terme.
Seulement avoir la « grâce » c’est difficile à porter. Surtout quand on en voit tellement se noyer à côté de soi. Alors longtemps, j’ai eu honte de cette force, de cette
vitalité en moi. J’ai essayé de la dissimuler, mais je dissimule mal. Et j’ai commencé à m’effacer, au propre comme au figuré. Et je me suis tellement bien effacée que j’ai failli
disparaître.
Maintenant, je sais que je n’ai pas à avoir honte de moi. Il n’y a rien à dissimuler, cette « force » est bénéfique, elle l’a toujours été, pour moi, comme pour ceux qui
ont choisit de m’accompagner un moment.
« Célébrante » je suis, et « célébrante » je resterai jusqu’à mon dernier souffle.
publié dans :
Terre
Mercredi 12 septembre 2007
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par L'Arpenteuse
Jetez le lest vers l'est, lestes ballons. Volez jusqu'au soleil pour voler quoi ?
La peine des regards, yeux au pêne hermétique,
Offre un calme de reines antiques
Coupez les rênes. Laissez-les galoper, les rennes !