Quelle utilité de partager une expérience aussi étrange et violente que je vis depuis près de 2 ans. Celle qui m’a arraché à une vie matérielle apparemment confortable, pour me jeter sur des chemins que, pendant longtemps, j’ai refusé avec acharnement.
 
Mes relations au spirituel demeurent houleuses, malgré ce que je reçois. C’est bien ça mon problème, je n’aime pas recevoir, surtout quand je ne demande rien, rien que la paix et le silence.
 
Cette joie qui m’est donnée en plus, c’est trop. Il faut que j’apprenne simplement à admettre que tout cela n’a rien à voir avec le catholicisme rassis de ma chère famille. Leur belle religion qui les transforma en pourvoyeurs zélés de l’Inquisition, confits dans la haine des femmes et de la vie. Et qui continuent à s’en vanter si longtemps après. Certes tout ça ce n’est pas moi, mais ces gens là m’ont coupés tout accès possible à une religion.
 
Hiepes-Poires.jpgDonc, il faut que je me débrouille toute seule et que je continue. Comme samedi soir, dans la cuisine, je suis là, simplement, en silence, je cuisine. De la pâte de coings pour une amie, qui aime les sucreries, mais pas la cuisine, et un peu de gelée pour moi. Une activité totalement terre-à-terre. Soudain, c’est une allégresse qui m’envahit. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, mais d’habitude je coupe court, je n’ai qu’à me souvenir ce que disait ma mère autrefois : mais tu es complètement folle ma pauvre fille ! C’est très efficace.
 
Sauf que là, je laisse venir, et comme le yoga me l’apprend, je ne juge pas, j’observe. Et cette joie me submerge, et elle reste là, je reprends mes activités, et elle est toujours là. Parfois elle vacille un peu, puis ça revient. Jusqu’à ce matin, où la dénégation s’est refaite entendre : Tu es complètement folle, et bli, et bla, et blablabla.
 
Sauf que, me dis-je, si je suis folle, c’est une bonne folie puisque, non seulement, moi, je m’épanoui, mais mes relations avec les autres s’épanouissent. Non pas qu’elles étaient mauvaises avant, mais comme pour le reste, je refusais d’admettre, il faut bien le dire, d’admettre que l’on puisse avoir de la sympathie pour moi, ou pire encore que l’on puisse m’aimer.
  
Oui, finalement je dois être folle. Il faut être folle pour accepter de renoncer à toutes ces peurs et ces phobies qui bornaient mon existence.
 
Ce n’est pas encore la joie dans les transports en communs, mais je m’améliore, ce n’est plus la rage non plus. Je souris, quand j’en ai l’occasion je plaisante, où même je rassure comme récemment, avec une femme totalement tétanisée par la cohue.
 
Et en plus ma gelée de coings est excellente, surtout avec l’adjonction d’un peu de cet excellent thé aux épices que m’a offert une amie qui n’est plus virtuelle. Meerkat, tu aimes la gelée de coings ? 

Tableau : Tomas Hiepes - Musée du Prado - sur la tribune des arts
publié dans : Soleil ajouter un commentaire
Mercredi 3 octobre 2007

commentaires (8)    par L'Arpenteuse

Commentaires

Tu me fais rire ... Rassure-toi, à te lire, nous sommes au moins 2 folles sur terre mais cette joie-allégresse a le don de m' effrayer aussi ... J' essaie d' apprivoiser cet état ... Quant à la spiritualité, nos chemins sont semblables ... Christique au fond de l' âme, je suis allergique à tout ce qui est dogme ... Accepter d' être hors des modèles ... Voilà peut-être ce qui est demandé à l' humain de demain être le propre créateur de son existence, hors norme et en conscience et responsabilité ...
Sourire complice vers toi ...
PS J' ai reçu des coings à une amie chère la semaine dernière ;-)
commentaire n° : 1 posté par : Ka�kan (site web) le: 03/10/2007 14:47:12
Tu sais quoi ? Je ne mange des confitures que par périodes, mais j'adore la gelée de coing qui me rappelle certains goûters de mon enfance dans le Vaucluse : dans la cuisine d'une copine, nous dégustions religieusement des grandes tranches de pain tartinées de coing en buvant du chocolat, et il y avait parfois du pain perdu ou des oreillettes. C'était délicieux et différent de chez moi car le goûter était presque un repas mais décontracté, qui se prenait à table. Je sens encore les odeurs, je ressens ce plaisir. Alors oui, j'aime la gelée de coing (et la pâte de coing) !

L'allégresse qui t'envahit... tout ce que l'on peut souhaiter c'est qu'elle dure, tu peux être sûre qu'il s'agit d'une bonne folie. Et tu peux être sûre aussi que tu es très aimable. Je suis si contente que notre amitié se prolonge dans la vie à présent.
commentaire n° : 2 posté par : meerkat (site web) le: 03/10/2007 17:45:48
Bonjour L'Arpenteuse .. merci de ta visite.
La joie .. vaste sujet en effet .. n'est pas la folie .. les fous seraient plus heureux alors.
La joie c'est une chance, c'est un cadeau de la Vie.
Et comme pour tout beau cadeau à nous d'en prendre soin.
Je poursuis la découverte de ton chez toi.
commentaire n° : 3 posté par : Cile (site web) le: 04/10/2007 10:19:32
@ Kaïkan, alors si nous partagons cette folie, je ne me pose plus de question, je l'accepte. D'autant que tu me rassures en me disant que tu en es effrayée aussi. Quel magnifique outils cet internet qui nous permet ces rencontres .

@ Meerkat : Je savais bien que comme aurais dis ma grand-mère : Tu as le museau sucré :-)) Je te garde de mes sucreries. Pour moi aussi notre amitié est un bonheur. Même pas peur, c'est ce que tu m'as écris avant de nous rencontrer,et c'est exactement ça qui me fait avancer maintenant, le refus de certaines peurs absurdes; comme de ne pas être "aimable". Pour le saut à l'élastique par contre ;-)))

@ Cile - Tu as raison, c'est un beau cadeau et je dois en prendre soin. Merci à toi de m'avoir répondu, le parallélisme entre nos messages, m'a tellement ému.
commentaire n° : 4 posté par : L'Arpenteuse le: 04/10/2007 11:26:00
Bizarre... moi aussi, cette sorte de bouffée d'illumination, cela m'est arrivé plusieurs fois en cuisinant, ces derniers mois...
Je me demande si la qualité du plat s'en ressent?
commentaire n° : 5 posté par : Kerleane (site web) le: 07/10/2007 22:29:52
C'est une note qui me touche au coeur.
commentaire n° : 6 posté par : Ph�lycit�e (site web) le: 10/10/2007 21:58:51
Je (re?)noue doucement avec cette folie que tu évoques depuis quelques années. C'est dur, car exigent, on ne peut plus se laisser dépérir "comme avant", et si doux, de se laisser aller à l'amour.
Je découvre avec plaisir ton blog grâce à Meerkat. Je reviendrai !
commentaire n° : 7 posté par : Lise (site web) le: 15/10/2007 22:31:13
Vous ne pouvez pas savoir à quelle point vos commentaires me touchent. C'est merveilleux de savoir que je ne suis plus seule dans ma "folie" :-)

Merci à vous
commentaire n° : 8 posté par : L'Arpenteuse le: 17/10/2007 14:08:02

Images Aléatoires

Catégories

Libres pensées

"Ceux-là seuls qui se prosternent comme des esclaves devant la réussite peuvent trouver que l'efficacité est admirable indépendamment de l'accomplissement auquel elle tend."
(B. Russell / 1872-1970  - Pourquoi je ne suis pas chrétien )
 
crée son site internet sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus