Quel pays ?
Celui où je suis née ?
Les Ardennes belges près de Namur. Un lieu austère dans une forêt très sombre. Une maison grise, de pierre et de schiste. Des murs épais, comme une forteresse élevée contre le
froid et la mélancolie. Déjà originale de nature, j’y suis née une nuit d’orage, à la lumière de bougies placées aux 4 coins du lit. Il fallait l’oser, j’ai osé, au grand dam de ma mère qui m’en
fit longtemps reproche.
Celui où j’ai passé une grande partie de mon enfance :
En région parisienne, dans la ferme d’un château et de son grand domaine. Clos de murs et presque désert. Peuplé de chats, de silence et de livres. J’y étais fort bien,
solitaire.
Et puis il y eut la Normandie, celle que j’aime, du pays de Caux, avec sa lumière, sa mer et ses couleurs nacrées. Le Berry, que Cile vient de remettre en mémoire. Ce cher Berry
avec ses paysages intimes, vallonnés, féminins. Ses maisons et ses toitures rousses qui jouent de la courbe et de la contre-courbe, ses églises romanes et ses jardins : Orsan, Noirlac,
Nohant…….
La Bourgogne, plus récemment, d’Autun la très fière, à Cluny si belle, mais trop courue.
Et encore en région parisienne, la cathédrale face à laquelle je vis tous les jours. Tête à tête enchanteur, avec son rayonnement et ses nombreux clandestins : pigeons,
corneilles, chouettes et tous les petits chanteurs de son jardin.
Tous ceux-là et bien d’autres qui habitent mon pays intérieur. Tout ceux aussi que j’aimerais un jour découvrir, de la vieille ville de Damas, aux jardins du Portugal, de la Sicile
aux faïences bleues de Samarcande.
Je suis d’ailleurs, de partout et de tout temps. Mon pays, c’est ma vie et chaque jour j'en découvre un petit peu plus.
Là, je triche un petit peu, c'est Frahan sur la Semois, mais c'est très ressemblant.
Et aussi, à voir chez
Florizelle le peintre Patinir, et ses visions de la vallée de la Meuse