Je savais  que ce week-end de formation serait important et même crucial pour la suite.

Certains éléments étaient restés en suspend lors de la deuxième session : J'avais refusé d'interprêter mon solo de danse, les relations avec certaines autres stagiaires étaient tangentes, il allait falloir régler ça sérieusement.

J'ai eu 2 mois pour y réfléchir, et pour une fois je plaide non coupable.

J'avais bien fait de refuser de danser cette fois là : J'avais préparée une danse de "déguisement"  pour essayer d'esquiver mes angoisses à l'idée d'avoir en quelque sorte à m'offrir à mes petits camarades. Or, en regardant danser les autres, j'ai pris conscience que ce n'étais pas honnête Pour faire l'andouille, nulle besoin d'art-thérapie, c'est un art de la fuite que je pratique depuis longtemps. Je notais d'ailleurs amusée que c'est l'attitude qui fut adoptée par 2 de nos 3 hommes. Alors me dis-je, il est probable que c'est encore un tour du garçon raté de sa mère.

Les femmes nous avaient donné à voir leur "être", parfois avec maladresse, parfois avec émotion, et pour certaines de manière réellement bouleversante. Donc, je savais ce qu'il me restait à faire.

De plus, nous étions 6 à n'avoir pas eu le temps de danser, et si je suis la seule à avoir dû refuser, c'est que K. avait lourdement insisté pour que je passe. Je lui en avais un peu voulu sur le moment, et puis ...c'est passé..

Quand aux 2 personnes sur qui je semblais avoir un effet de répulsion, ayant bien fait mon propre examen de conscience, je dû admettre que je ne leur avais rien fait ou dit de particulier, de plus ou de moins qu'aux autres, et que donc s'il y avait problème, ça ne venait pas de moi, mais probablement de leurs propres "projections". Donc, pour moi, me dis-je je continue à me comporter normalement avec elles comme avec les autres, et advienne ce qu'il doit advenir.

bali_ubud_7114.jpg Donc Dimanche j'ai dansé. J'avais préparé une petite chorégraphie, sur "l'Ajhon" de Lisa Gerrard, mélodie étrange et pleine de délicatesse avec un accompagnement de bruits de la forêt.  Une petite chorégraphie qui  jouait  sur des gestes lents des bras et surtout des mains et des doigts. J'avais le trac. Normal, comme tout le monde. Je rentre en piste en plaisantant, il faut bien. Je me place dans ma position de départ la tête cachée derrière les bras repliés. Musique, je commence à déplier lentement les bras, et............

Enfer et damnation, je tremble comme une feuille. Je respire à fond, et je continue, enfin je crois. Parce qu'en dehors du tremblement, je suis dans un trou noir. Même la musique ne me parvient plus.

Heureusement, ça ne dure qu'une minute, ou plutôt 1mn39, ou peut être 10.000 ans. Je n'en n'ai aucun souvenir. Ca ne recommence que quand je vais m'assoir parmis les autres, toujours en tremblant, mais paisible.

J'ai l'impression d'avoir encore franchi un passage. Je savais qu'il allait être difficile mais je ne m'attendais pas à ça, à cette rébellion du corps, et de la conscience.  Et comme ce n'est qu'un début, il ya aura sans doute d'autres surprises.

La différence avec "avant", c'est que j'accueille et que je fais ce qu'il y a à faire. Même quand c'est inconfortable.

Ce qui m'amuse maintenant c'est le souvenir du rêve.

Je n'y pensais plus consciemment, mais il est possible qu'il m'ait guidé sur une attitude à adopter, même si à mon avis il ne se limite pas à cette circonstance.

Et puis aussi l'influence d'un livre offert à une petite fille de 4 ans, et qui narrait les aventures d'une petite danseuse balinaise.  C'est en cherchant la photo pour illustrer le billet, que celà m'est revenu.

Danseuse balinaise à près de 50 ans ce n'est pas ordinaire .

Pfff, en plus mon chouchou du groupe il m'a gazouillé que j'avais des mains ravissantes et qu'en plus il avait cru que le tremblement était volontaire. Les hommes, qu'est-ce que nous deviendrions sans eux !




publié dans : Jupiter ajouter un commentaire
Mercredi 23 janvier 2008

commentaires (10)    par L'Arpenteuse

Commentaires

oui mais aussi, les hommes, qu'est-ce que nous devenons AVEC eux !!!!!!!!!!!
commentaire n° : 1 posté par : ambre (site web) le: 23/01/2008 13:57:28
Je ne sais presque rien de l'art-thérapie et je croyais qu'il s'agissait uniquement d'arts plastiques.
Et qu'en a-t-il été avec les personnes sur lesquels tu aurais eu un effet répulsif?
Ça me rappelle ma thérapie de groupe, cette histoire de projections. Est-ce que le groupe a une importance dans cette formation ou dans l'art-thérapie en général?
commentaire n° : 2 posté par : Sérénissime (site web) le: 23/01/2008 18:54:17
Un trou noir qui finalement était comme une porte à franchir et te permet d'accueillir et faire ce que tu as à faire. La danse balinaise ouvre de belles perspectives. En plus si tu déclenches de l'émotion chez un beau monsieur ! Ouh mais c'est que je vais m'entraîner. Parce que les trous noirs, ça me connaît, alors tenter la danse pour en sortir. Ou plutôt s'écouter ? Savoir qu'il faut souffrir et donner pour émerger ?
En tout cas, je suis heureuse de te voir avancer.
commentaire n° : 3 posté par : meerkat (site web) le: 24/01/2008 13:01:27
Ambre : des petits vieux.
commentaire n° : 4 posté par : paradox (site web) le: 24/01/2008 18:00:13
@ Ambre : des petits vieux ? tss tss, voyons ;-)
commentaire n° : 5 posté par : meerkat (site web) le: 25/01/2008 08:53:03
Au fait l'Arpenteuse (oui, j'ai l'esprit d'escalier), un homme qui gazouille. Qui gazouille ohoh ? Un gazouilleur pour ta sphinge, ohoh ! ;-)
commentaire n° : 6 posté par : meerkat (site web) le: 25/01/2008 09:28:42
Le gazouilleur, c'est celui qui n'a pas fait l'andouille je pense...
Parce qu'une andouille qui gazouille, siffle beau merle et laisse béton !
Enfin, je dis ça, je dis rien ;-)
Contente de voir que tu as réussi à surmonter ton trac, félicitations. Le trac c'est comme le vertige, ça ne se combat pas de front, ça s'apprivoise.
commentaire n° : 7 posté par : Kinkapricorne le: 25/01/2008 20:44:42
En tous cas, tu touche un réel trésor ... L' humour et la légèreté ... de quoi relever encore de beaux défis ...
commentaire n° : 8 posté par : Kaïkan (site web) le: 26/01/2008 23:48:07
Synchronicité! J'étais juste en train de découvrir ton blog quand ton commentaire est apparu dans ma boite aux lettres, au moment ou je m'aprétais à te laisser ce commentaire: le trou noir, je l'ai connu aussi sur une estrade, c'est toujours le trac, l'émotion, mais je l'ai connu aussi dans les moments les plus importants de ma vie, comme par exemple mon divorce, au moment crucial où il faut se défendre devant des juges et des avocats pour pas perdre ses enfants.... On a beau se raisonner, c'est de l'émotion pure: je suis arrivée à maitriser avec "Rescue" du docteur Bach, tu devrais essayer.
commentaire n° : 9 posté par : barbesse (site web) le: 28/01/2008 10:32:15
Et bien le gazouilleur, il en a du succès, vous êtes de vrais commères les filles et le garçon ;-) C'est juste un gentil monsieur qui a voulu me consoler. S'entendre dire que l'on a des mains ravissantes c'est un compliment surrané mais très agréable.

Kinka, tu es un diable, c'est effectivement notre seul "vrai" danseur. A 63 ans, il est un exemple pour les jeunots et c'est tout sauf un petit vieux.

Sérénissime, je prépare un billet un peu explicatif pour l'art-thérapie, ici ça serait trop long.

Kaïkan ton passage est un rayon de soleil. Cultiver l'humour m'aide à faire passer une médecine qui sinon me paraîtrait parfois très amère.

Merci Barbesse pour le "rescue", c'est ce que K. utilise aussi, alors pourquoi pas ?

Ambre et Paradox :
"Eux seuls ils composaient toute leur république :
Heureux de ne devoir à pas un domestique
Le plaisir ou le gré des soins qu'ils se rendaient !
Tout vieillit : sur leur front les rides s'étendaient ;
L'amitié modéra leurs feux sans les détruire,
Et par des traits d'amour sut encor se produire."

Philémon et Baucis - J. de la Fontaine

Un couple qui vieillit ainsi, c'est sûrement exceptionnel mais c'est très beau, et un travail encore plus difficile que de devenir adulte en solo, non ?
commentaire n° : 10 posté par : L'Arpenteuse (site web) le: 28/01/2008 14:57:21

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