Qu'ici cesse ma course, que je retrouve enfin mon souffle,

Loin du Centre Commercial où le vide mugit,

Klaxon, enseignes, sirènes de l'ennui,

Il ne fallait pas me provoquer

C'est vous, qui l'avez voulu,

Tant pis pour vous,

Celle que je fus,

N'est plus.

J'ai explosé l'étau,

Lâché curée et hallali,

Je retourne à l'ancien peuple,

Celui des bois et des ruisseaux,

Celui qui scintille matin dans l'oubli,

Celui dont le silence chante, stridule, brame et glapit.

Oh mon Aimé, que je bruisse à jamais, portée par ton souffle.



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Le Bernin
Daphné et Apollon
Galerie Borghese
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Mercredi 26 mars 2008

commentaires (5)    par L'Arpenteuse

Commentaires

Cela me parle car je sens la Nature oubliée qui remonte à la surface. rêve, réalité, elle est toujours là. Je t'embrasse.
commentaire n° : 1 posté par : ariaga (site web) le: 26/03/2008 16:37:14
Après "l'esprit de la solitude", ce poème fort me fait penser que c'est peut-être cette solitude, cette sensation d'isolement, cette difficulté d'adhérer au monde tel qu'il devient qui provoque la nécessité de (re)découvrir l'autre, celui auquel on sent qu'on appartient.
Comme un E.T qui cherche sa maison ;-)
Mais cette solitude n'est pas seulement une cause, ou une conséquence d'un mal être, d'une errance; elle est aussi la voie qui permet d'atteindre cette connaissance en faisant taire les bruits du monde. Et quelle belle voix tu as !
commentaire n° : 2 posté par : guelum (site web) le: 26/03/2008 23:22:14
Très beau texte, respect.
D'accord pour la métamorphose, mais en oiseau plutôt qu'en laurier, un peu trop statique à mon goût.
Un ballet aérien au son de la lyre d'Apollon, portée par le souffle de Borée... Ça fait du bien de rêver !
commentaire n° : 3 posté par : Kinkapricorne le: 27/03/2008 22:54:08
Quel beau texte qui me touche fort, cela fait plusieurs fois que je viens le relire. Je pense aux sons du silence, au Petit Peuple des bois et des ruisseaux avec lequel entrer en relation, et puis à quelques mots de Pessoa. Bien qu'ils sonnent plus nostalgique que ce qui transparaît de toi. En échappée libre ! Bruisse, bruisse, l'Arpenteuse dans tes chemins.

Si je me souviens de qui je fus, je me vois autre
Et le passé est le présent dans le souvenir.
Qui je fus est quelqu'un que j'aime
Mais seulement en rêve. (...)
Rien, sinon l'instant, ne me connaît.
Mon propre souvenir n'est rien, et je sens
Que qui je suis et qui je fus
Sont des rêves différents.
commentaire n° : 4 posté par : meerkat (site web) le: 28/03/2008 11:49:44

Merci à vous :-) Le thème des métamorphose et de l'arbre, je le travaille dans mon art-thérapie, même si le "thème" officiel est souffle-matière-mouvement. Je l'adapte à mon propre univers.

Et comme je suis très attirée aussi par les mythes nordiques de l'arbre cosmique Yggdrasil ou Irmanseul :ttp://www.fao.org/docrep/005/y9882f/y9882f08.htm

Lorsque je mélange le tout et que je secoue bien l'Arpenteuse, ça donne ce résultat. En écriture, parce qu'en peinture et en danse, c'est encore autre chose. Je crois que mes racines sont plus nordiques que grecques, donc tu as raison Kinka, c'est Borée qui m'agite ;-))

Guelum, je crois qu'effectivement pour retrouver sa voie il faut avoir intégrer sa solitude fondamentale, quand à ma belle voix, je dirais que ce n'est pas la mienne, c'est celle de la Vie qui m'anime. "Ca" ne m'appartient pas :-)

Meerkat, merci pour le poème. Mais je suis d'accord, je ne suis pas dans la "saudade" mais dans la joie. Et j'en ai de moins en moins honte.

Ariaga, je crois que tu es le meilleur maître qui soit sur ces chemins de la Nature, je ne suis pas prête d'oublier ta"femme nature" : http://ariaga.hautetfort.com/archive/2007/02/10/la-femme-nature.html

Ceux qui ne connaissent pas devrait lire :-))

 

commentaire n° : 5 posté par : L'Arpenteuse le: 28/03/2008 14:07:35

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