"Seuls les dieux franchissent des arcs en ciel".

Nous qui ne sommes que des humains, nous devons marcher sur la terre et en accepter la dureté: la terre est sèche, immobile, mais lorsqu'elle bouge, elle est terrifiante. C'est dans l'air que sont les dieux : l'air est léger, mobile mais aussi tempête. C'est l'eau transformée en air qui fait l'arc en ciel ; l'eau est fluide, comme le temps, mais elle est aussi débordement. Comment "franchir" un espace sans le feu qui est mouvement, énergie, mais aussi destruction ?

Nous sommes tout cela.

En RELIANT notre terre, "assoiffée mais fertile" (notre corps, lourd comme la terre) à l'eau (l'irrationnel du jour et de la nuit des rêves), à l'air (avec l'humour de la langue des oiseaux et des synchronicités), et au feu (l'amour qui fait se mouvoir le monde), nous deviendrons unifiés.

Comment faire pratiquement ?

C'est en vous que cela se pratique :

  1. le jour : être éveillé : par la respiration consciente qui évite le vagabondage mental, afin de décrypter les événements parce qu'il nous arrive ce qui nous ressemble. Si nous pensons pouvoir rejeter quelque chose, cela nous retombera dessus au moment où nous n'y prêterons pas attention.

  2. regarder nos rêves de la nuit comme ils sont : porteurs d'un message pour nous ou les autres, clefs qui ouvrent les portes de l'aventure.

  3. laisser s'épanouir  nos possibilités enfouies sous des masques : hérédité, éducation, société, derrière lesquels nous nous protégeons.

  4. l'Alchimie nous aide à nous RELIER à cette part inconnue en nous qui n'est autre que le problème de l'intégration du mal, (origine du mot "maladie"). Nous ne pouvons RIEN pour changer les autres ; nous ne pouvons que changer nous-mêmes. C'est en changeant nous-mêmes que nous changerons les autres.

  5. ce qui est vivant en nous est vivant en chacun. N'étouffons pas cette étincelle par peur, car la peur est une création de notre esprit (son côté négatif).

Plante un brin d'OSIER dans ton jardin ("Ose" y est !).

Ayons confiance : " Voix et Voie se répondent".

Rolande Biès : Lettre des amis de l'alchimie


Au terme d'une semaine intense d'art-thérapie avoir trouver ce texte est une heureuse synchronicité.

Il résume très bien ce que j'y accompli, parfois dans la joie, parfois dans la difficulté, mais toujours en confiance dans ma Voie. Je ne "me" prend pas au sérieux, mais le travail effectué, oui. Et il semble que c'est cela qui me rende heureuse.

Finalement, il faut simplement apprendre à m'accepter, avec ma gravité et ma fantaisie, et toujours avoir un oeil sur l'ogresse qui vit en moi.  Réussir à Unifier l'ensemble est une belle aventure.

A part ça, j'ai dansé mon Haka sans problème, j'ai même acepté d'être filmée et contrairement à beaucoup j'ai accepté ce que les images ont enregistrées :-) Je me suis offerte une belle danse guerrière qui était ce dont j'avais besoin à ce moment précis, évidemment ça en surpris certains qui m'imaginaient exclusivement dans la délicatesse et la douceur, mais "l'ogresse " aussi à droit de s'exprimer. Et la joie c'est que celà en a aidé d'autres à se libérer.

J'ai peint une jolie sirène d'enfance double spirale  qui tient à la fois de l'ADN et du symbole du yin-yang. Et je lui ai offert la compagnie d'un oiseau de paradis !

Et finalement j'ai chanté, bien obligée, je m'était choisie comme partenaire une femme complètement figée et qui se débatait avec ça. En m'obligeant à chanter, je l'ai obligée à sortir sa voix. Et ça c'est un moment magique.

En attendant, physiquement, un mois de repos ne sera pas de trop

 

 

 

 

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Jeudi 10 avril 2008

commentaires (3)    par L'Arpenteuse

Tu as raison Sérenissime, il faut peut-être que j’explique un peu plus techniquement le sens de cette art-thérapie.  Il faut peut-être commencer par se référer à la présentation du programme de ma formatrice :

 
ESPRIT DE LA FORMATION

Nous entendons par art-thérapie, non pas soigner quelque chose qui serait malade, mais plutôt faire émerger la partie saine en nous, en prendre soin et l'aider à grandir. La pratique artistique prend ici tout son sens : elle permet la découverte de nous-même dans nos richesses et nos limites, leur intégration et l'ouverture à notre réelle dimension. Nous proposons le chant, la danse et la peinture. Ces pratiques se répondront, l'une nourrissant l'autre, faisant appel à des espaces différents et complémentaires de nous-même. Elles seront introduites par un temps de méditation qui invitera à l'esprit de cette formation : la qualité d'Être

 L’important (pour moi) c’est ça : la découverte de nous-même dans nos richesses et nos limites, leur intégration et l'ouverture à notre réelle dimension

 Et (pour moi) ça marche. La formatrice est une femme d’une rare honnêteté intellectuelle, très rigoureuse, et exigeante autant vis-à-vis d’elle-même, que vis-à-vis de nous, ces élèves. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi beaucoup d’humour. Maintenant que je la connais mieux, considérant que je pouvais lui faire confiance,  j’accepte de m’abandonner à son enseignement. Parce qu’il y a des moments douloureux dans cet enseignement, comme je l’avais conté ici.

 C’était tout au début. Maintenant que j’ai accepté de lâcher-prise les choses sont très différentes. La confrontation avec mes limites n’est plus un combat permanent. J’accepte que le résultat ne soit pas à la hauteur de mes espérances,  je ne crains plus d’être déçue par moi-même. J’ai compris que le meilleur moyen d’avancer était de travailler, un peu, beaucoup, passionnément....

 Ce week-end il y a eu une journée consacrée à la peinture, avec un exercice étrange : une nature morte de poires à réaliser aux doigts avec des pigments purs et comme liant de la graisse à traire, et pour compliquer les choses sur du papier kraft très poreux !

poires.JPG
 A la fin de la journée, tout le monde accroche son travail et le commente devant les autres, d’où l’importance respect de chacun dans le groupe(Enfin ça c'est mon opinion). Je suis une des seules à avoir dit que j’étais « globalement » satisfaite de ce travail. Non pas que je le considérais comme une œuvre, mais comme une étape de travail. Avec des défauts, certaines poires pourraient être des avocats, elles tiennent debout par miracle, mais, j’étais contente de la composition assez équilibrée, et d’avoir su tirer mon parti de couleurs sombres qui ne sont pas les miennes, sans parler du défi que représentait cette technique.

 Je ne sais plus qui a dit que l’art c’était 10% de talent et 90 % de travail. C’est le message que la formatrice essaye de nous faire passer, mais pas toujours avec succès. Certaines personnes semblent croire qu'en étant simplement présentes 1 week-end par mois, elles vont réaliser des œuvres bouleversantes. Et comme ça ne marche pas, elles sont très déçues.

De plus, le but n'est pas de devenir des artistes accomplis mais la découverte de soi par le biais de pratiques artistiques.

De toute manière, moi je m'en fiche, je me suis vengée. J'ai mangé la poire/avocat, na !

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Jeudi 24 janvier 2008

commentaires (4)    par L'Arpenteuse
Je savais  que ce week-end de formation serait important et même crucial pour la suite.

Certains éléments étaient restés en suspend lors de la deuxième session : J'avais refusé d'interprêter mon solo de danse, les relations avec certaines autres stagiaires étaient tangentes, il allait falloir régler ça sérieusement.

J'ai eu 2 mois pour y réfléchir, et pour une fois je plaide non coupable.

J'avais bien fait de refuser de danser cette fois là : J'avais préparée une danse de "déguisement"  pour essayer d'esquiver mes angoisses à l'idée d'avoir en quelque sorte à m'offrir à mes petits camarades. Or, en regardant danser les autres, j'ai pris conscience que ce n'étais pas honnête Pour faire l'andouille, nulle besoin d'art-thérapie, c'est un art de la fuite que je pratique depuis longtemps. Je notais d'ailleurs amusée que c'est l'attitude qui fut adoptée par 2 de nos 3 hommes. Alors me dis-je, il est probable que c'est encore un tour du garçon raté de sa mère.

Les femmes nous avaient donné à voir leur "être", parfois avec maladresse, parfois avec émotion, et pour certaines de manière réellement bouleversante. Donc, je savais ce qu'il me restait à faire.

De plus, nous étions 6 à n'avoir pas eu le temps de danser, et si je suis la seule à avoir dû refuser, c'est que K. avait lourdement insisté pour que je passe. Je lui en avais un peu voulu sur le moment, et puis ...c'est passé..

Quand aux 2 personnes sur qui je semblais avoir un effet de répulsion, ayant bien fait mon propre examen de conscience, je dû admettre que je ne leur avais rien fait ou dit de particulier, de plus ou de moins qu'aux autres, et que donc s'il y avait problème, ça ne venait pas de moi, mais probablement de leurs propres "projections". Donc, pour moi, me dis-je je continue à me comporter normalement avec elles comme avec les autres, et advienne ce qu'il doit advenir.

bali_ubud_7114.jpg Donc Dimanche j'ai dansé. J'avais préparé une petite chorégraphie, sur "l'Ajhon" de Lisa Gerrard, mélodie étrange et pleine de délicatesse avec un accompagnement de bruits de la forêt.  Une petite chorégraphie qui  jouait  sur des gestes lents des bras et surtout des mains et des doigts. J'avais le trac. Normal, comme tout le monde. Je rentre en piste en plaisantant, il faut bien. Je me place dans ma position de départ la tête cachée derrière les bras repliés. Musique, je commence à déplier lentement les bras, et............

Enfer et damnation, je tremble comme une feuille. Je respire à fond, et je continue, enfin je crois. Parce qu'en dehors du tremblement, je suis dans un trou noir. Même la musique ne me parvient plus.

Heureusement, ça ne dure qu'une minute, ou plutôt 1mn39, ou peut être 10.000 ans. Je n'en n'ai aucun souvenir. Ca ne recommence que quand je vais m'assoir parmis les autres, toujours en tremblant, mais paisible.

J'ai l'impression d'avoir encore franchi un passage. Je savais qu'il allait être difficile mais je ne m'attendais pas à ça, à cette rébellion du corps, et de la conscience.  Et comme ce n'est qu'un début, il ya aura sans doute d'autres surprises.

La différence avec "avant", c'est que j'accueille et que je fais ce qu'il y a à faire. Même quand c'est inconfortable.

Ce qui m'amuse maintenant c'est le souvenir du rêve.

Je n'y pensais plus consciemment, mais il est possible qu'il m'ait guidé sur une attitude à adopter, même si à mon avis il ne se limite pas à cette circonstance.

Et puis aussi l'influence d'un livre offert à une petite fille de 4 ans, et qui narrait les aventures d'une petite danseuse balinaise.  C'est en cherchant la photo pour illustrer le billet, que celà m'est revenu.

Danseuse balinaise à près de 50 ans ce n'est pas ordinaire .

Pfff, en plus mon chouchou du groupe il m'a gazouillé que j'avais des mains ravissantes et qu'en plus il avait cru que le tremblement était volontaire. Les hommes, qu'est-ce que nous deviendrions sans eux !




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Mercredi 23 janvier 2008

commentaires (10)    par L'Arpenteuse
Autrefois, enfant et adolescente j’aimais dessiner et peindre. D’ailleurs, c’est une maladie dans la famille qui compte quelques « artistes », plus ou moins maudits, c'est-à-dire qui en vivent ou en vécurent plus ou moins bien.
 
Donc jusque là, il n’y avait rien d’anormal dans cette attirance pour les crayons et les boîtes de couleurs. J’avais d’ailleurs un joli coup de crayon, et patouillais avec une certaine élégance. De toute manière, je n’avais jamais envisagé d’essayer d’en faire carrière, j’aime beaucoup trop le confort pour ça.
 
Les choses s’envenimèrent lorsque certaines personnes (que j’aime énormément par ailleurs) me firent la remarque que ma peinture était « religieuse ». RELIGIEUSE !!!!! Pour moi, qui gravitais entre Gustave Moreau et Marx Ernst, je ne voyais rien de religieux là dedans, du moins au seul sens catholique de ma famille. J’en conçu une rage qui me fit envoyer tout le bazar au feu et à la poubelle. Je distribuais le matériel autour de moi, et décidais d’oublier tout cela.
 
Pendant plus de 20 ans j’ai tellement bien oublié « cela » que lorsque j’abordais mon stage au mois de mars, j’avais presque régressé au niveau du bonhomme-têtard que l’on dessine vers 4 ans. Inutile de préciser que je n’étais pas très faraude à l’idée d’affronter "ma créativité".
 
La première « œuvre » reflétait très bien cet état d’esprit. J’avais œuvré sur un format minuscule (10 x15 cm environ) et il y avait plein de petites choses éparpillées là-dessus, sans liens entre elles, et comble de l’horreur dans des tons pastels qui n’ont jamais été les miens. Je me suis consolée en voyant les résultats chez les autres, qui certes donnaient dans le grand format, mais à part ça.....
 
Le lendemain,  satisfaction avec un exercice sur les lignes d’où je ressorti avec un genre d’art pariétal, une curieuse bête ailée qui semblait se cabrer, et si les couleurs étaient les mêmes, orange et violet, les tons étaient nettement remontés.
 
Et le 3ème jour, le 3ème jour j’ai connu mon apocalypse personnelle. L’exercice portait sur la forme et je décidais de m’inspirer d’une des fenêtres de la salle, celle qui se trouvait dans la partie réservée à la méditation. Et voilà, ce qu’il en ressorti :
 
 CROQUIS.JPG
 
Je me suis retrouvée à monter en pression toute la matinée, au point d’être presque en larmes à la table du repas que je quittais avant la fin pour retourner à l’atelier. Là, avoir tergiversé un moment, la rage débordant, je m’armais d’un beau pastel sec bien noir, et repassais sur les lignes que j’avais peintes en gris.  Après quoi, je contemplais l’horreur dont je venais d’accoucher. Dire que j’étais accablée serais un doux euphémisme, j’étais effondrée. Comment avais-je pu sortir ça de moi ????? Ce n’était pas moi CA !!! Et il allait falloir l’accrocher au milieu des dessins des autres, c’était impensable. Ma première réaction fut la fuite, je rejoignais ma chambre et appelais au secours chez moi pour qu’on vienne me récupérer. Evidemment, ça fit beaucoup rire, j’avais voulu affronter ma bête, que je débrouille avec elle ! Bon, après un petit temps de pause, je trouvais que le conseil n’était pas si idiot, et je retournais à l’atelier.
 
Avec des ciseaux, j’amputais le monstre de sa partie inférieure (castrais ?) et me décidais à aller voir la formatrice, fort humblement, (si, si, humblement pour de vrai) et à lui demander quelques conseils pour rendre présentable la chose dans le peu de temps qui restait. « Si tu ne t’en sors pas, fait dans le décoratif, mais surtout n’oublie pas que si tu t’ouvres à ta sensibilité, tu ne peux pas le faire à demi, c’est un choix à faire »
 
Sur le moment, je n’ai retenu que la première partie de ces conseils, et à l’aide de mon petit camarade préféré, j’arrivai à bricoler cela :
 CROQUIS2.jpg
 
Cette nuit là, j’ai rêvé qu’enfermée dans la maison de mon enfance, je voyais une tempête terrible se déchaîner et emporter tout sur son passage, tout, sauf moi et la maison. C’était plutôt amusant à regarder.
 
Plus tard, j’ai compris que ce jour là je m’étais débarrassée de la plus grosse partie d’un orgueil COLOSSAL et d’une violence inouïe qui dévoraient ma vie, et cet orgueil hypocrite de surcroit se dissimulait sous des « je ne suis que », « je ne suis pas ».
 
C’est ça l’art-thérapie. Bon, je vous rassure pour d’autres il s’agissait juste de passer une semaine à dessiner. A chacun de trouver ce qu’il cherche vraiment.
 
PS : Bidouiller le monstre via l'informatique, pour lui redonner son visage originel. Pfff, même pas peur
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Mercredi 31 octobre 2007

commentaires (8)    par L'Arpenteuse
 
Aujourd’hui j’inaugure une nouvelle catégorie, une nouvelle planète : JUPITER que je dédie à la formation d’Art-Thérapie que je viens d’entamer le week-end dernier.
 
Jupiter en tant que force d’expansion, d’affirmation et d’épanouissement selon l’interprétation trouvée sur WIKIPEDIA.
 
Cette formation, je la vis comme un total engagement personnel, et je sais qu’elle va me consommer la plus grande partie de mon énergie. Mais c’est ainsi que cela doit être, je ne suis pas intéressée par une simple démarche de bien-être.
 
J’ai souvent lu que lorsque « l’élève est prêt, le maître parait » et pour moi, c’est exactement cela.
 
Après deux années d’un intense travail personnel, je crois avoir trouvé la personne qui peut m’aider à poursuivre mon évolution. Et je sais aussi que ça ne va pas être facile, et même probablement parfois violent, mais je l’accepte.
 
Quand je constate les résultats que cette personne obtient, comment elle parvient à développer, à faire croître ceux qui reçoivent d’elle, je sais que c’est ça pour moi une thérapeute. Ce n’est pas un professeur de dessin, ni une psychologue, c’est une accoucheuse d’âme. Et c’est cela l’enseignement que je souhaite recevoir et transmettre.
 
Ces deux jours m’ont profondément révélés à moi-même, non sans insomnies et sans larmes. Mais j’en ressors grandie et prête à affronter la suite.
 
Entre autre, j’y ai appris que l’amitié n’y aurait sa place qu’à condition qu’elle soit sans complaisance, ni lâcheté. Nous sommes 5 sur 15 du stage du mois de mars, à avoir choisit de continuer sur la formation. Et parmi les 4 autres, il y a une femme qui est devenue une amie très chère depuis ces 6 derniers mois.
 
C’est une personne magnifique, rayonnante, totalement impliquée dans une démarche de spiritualité amérindienne.
 
Elle était très motivée par cette formation avec notre thérapeute, du moins elle le disait. Or, il s’est levé un petit vent de contestation, lorsque le premier soir on nous apprit que le programme était modifié.
 
La part du chant et de la danse était un peu diminuée pour faire place à des cours techniques de dessin, à plus de peinture et des cours de connaissance de soi. Tout l’enseignement devait « nourrir » la peinture, art qu’enseigne notre formatrice.
 
K. me surprit. Certes, elle m’avait toujours dit qu’elle se réjouissait des cours de chant, et de fait, elle s’y impliquée avec son rayonnement naturel. Elle était mécontente des cours de « connaissance de soi », disant que ce travail là elle l’avait accompli depuis longtemps, et qu’il ne l’intéressait pas. De plus, elle était furieuse ne plus pouvoir choisir le chant en matière principale. En fait, elle contestait l’ensemble des modifications apportées au programme.
 
Je pouvais comprendre sa déception, mais pas sa colère. A cela se rajouta quelques comportements peu respectueux, vis-à-vis de certains autres stagiaires et de moi-même.
 
J’étais déroutée par cette façon de faire. Et pour une fois dans ma vie, j’ai osé dire à quelqu’un que j’aime que je n’étais pas d’accord avec elle. Et le dire tranquillement, sans la moindre animosité, mais, fermement.
 
Oui le programme était partiellement changé et c’était peut être dommage que l’on ne nous ait pas prévenu avant. Mais, la formation que nous suivons est l’œuvre de notre formateur, et l’œuvre de sa vie. Son travail, nous en connaissons la valeur pour l’avoir expérimenté en nous même. Donc, c’est elle qui est décisionnaire de ses orientations, pas K., pas l’Arpenteuse, ni Paul, ni Pierre, seulement elle. De plus, c’est une femme très âgée qui ressent peut-être l’urgence de transmettre, d’où le recentrage de la formation.
 
De plus, qu’en admettant même, qu’elle K. n’ait pas besoin de ce travail de connaissance de soi (je ne lui dit pas que son attitude me permettait sérieusement d’en douter). Dans ce cas là, elle devait mettre ce qu’elle savait au service des autres membres de groupe.
 
Et pour finir, je lui fis remarquer qu’elle devait laisser de la place aux autres dans la formation. Que sa façon de monopoliser l’attention en permanence, risquait de lui valoir des inimitiés, et que cela ne me paraissait pas la meilleure façon de progresser.
 
L’échange fut paisible et amical, mais à sa façon de réagir, je voyais bien qu’elle maintenait ses positions.
 
Tant pis, me dis-je, je me suis trompée sur elle. C’est encore une petite fille, et si elle persiste elle ne va pas tenir longtemps. Tout en admettant, que pour d’autres raisons, c’est peut-être moi qui craquerais la première.
 
Et puis en rentrant, elle m’a longuement appelée, pour me dire qu’après avoir longuement pleuré, elle avait compris le sens de mes paroles, et qu’elle m’en remerciait car cela lui avait permis de comprendre certaines choses en elle. Et elle m’a demandé que nous continuions dans cette voie là. Je lui fis promettre à cette occasion, d’en user de même avec moi à la première occasion.
 
Sinon, ce n’est pas de l’amitié. Ce n’est rien.
 
Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’après je sois restée un moment comme vidée.
 
C’est épuisant de grandir, mais c’est une expérience extraordinaire. Même si elle s’était soldée par un échec de notre amitié, pour moi c’est une avancée en maturité.
 
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Mercredi 17 octobre 2007

commentaires (7)    par L'Arpenteuse

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"Ceux-là seuls qui se prosternent comme des esclaves devant la réussite peuvent trouver que l'efficacité est admirable indépendamment de l'accomplissement auquel elle tend."
(B. Russell / 1872-1970  - Pourquoi je ne suis pas chrétien )
 
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